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Printemps 2007 |
Le
facteur humain est très important dans toutes les relations d’affaires,
mais cela est encore plus vrai en Russie. Les relations de travail en Russie
comportent des spécificités, et les difficultés de communication
avec les partenaires russes sont fréquentes, bien que les pratiques d’affaires
se fassent de plus en plus selon un fonctionnement « l’occidentale
».
Témoignage
de Jerôme Dumetz
Professeur et coordinateur des programmes internationaux à l’Académie
d’économie Plekhanov de Moscou. Spécialiste de l’interculturel,
il est également à la tête d’un cabinet de conseil
aux entreprises et organise des séminaires de communication interculturelle.
En Russie
tout évolue très rapidement, y compris les relations de travail.
On ne traite pas d’affaires aujourd’hui comme on le faisait il y
a dix ans. La France et la Russie entretiennent des relations anciennes, mais
qui ont la particularité d’avoir été essentiellement
le fait des élites (artistes, aristocrates…), ce qui explique nombre
de préjugés assez « romantiques » sur le « glamour
» à la française ou la culture traditionnelle russe. 
De plus
en plus, les entreprises russes adoptent un mode de fonctionnement à
« l’occidentale », mais des particularités perdurent
toujours, et il est toujours utile de les connaître pour s’aventurer
en terre russe.Trois impératifs pour exporter ou s’implanter en
Russie :
1) Avoir un projet sérieux. La Russie est un pays où les opportunités
de développement sont considérables, mais il faut évidemment
offrir un produit de qualité et avoir bien étudié le marché
avant de s’y lancer.
2) Trouver un partenaire russophone sur place.
3) Etre prêt à investir du temps et de l’argent dans le projet.
La Russie est un pays où la relation personnelle est essentielle. Pour aborder le marché russe, il faut parvenir à créer une relation de confiance avec son interlocuteur, s’ouvrir à lui. C’est la raison pour laquelle les entrepreneurs russes n’hésitent pas à donner leur numéro de portable personnel et à appeler à des heures tardives en cas de besoin. Au quotidien, il convient de s’intéresser à la vie de ses collègues, à leur famille, et même de fêter son anniversaire sur son lieu de travail. Les petits cadeaux tels que les objets au sigle de l’entreprise sont très appréciés.
Il est également très bien vu de montrer un intérêt pour la langue et culture locale, notamment en apprenant quelques mots et expressions en russe.
Quelques
conseils dans les relations d’affaires:
- Il ne faut pas s’étonner si des hommes ne serrent pas la main
à une femme. Serrer la main ou s’embrasser sur les joues pour se
saluer n’est pas dans les habitudes locales. Toutefois, « serrer
la main » se développe, notamment dans les petites entreprises
récentes et innovantes.
- Il est souvent inutile de poser les questions embarrassantes lors des grandes
réunions, et il vaut mieux s’adresser directement à la personne
concernée.
- Le pouvoir reste encore très centralisé dans les entreprises,
le plus efficace est de s’entendre directement avec le chef.
- Savoir créer l’urgence : il est important de fixer clairement
les objectifs et les délais, en accord avec le chef.
- Les relations sont très verbales. Ce qui se dit directement ou au téléphone
est essentiel.
La
vodka :
La vodka fait partie des mythes associés invariablement à la Russie.
S’il est vrai qu’elle est très présente, il serait
faux de croire que l’on est « obligé » d’en boire
pour conclure une affaire, et de nombreux Russes n’en boivent pas. De
la même façon qu’une affaire importante va, en France, être
conclue au restaurant, une négociation longue, en Russie, va généralement
être accompagnée d’un buffet et pourquoi pas de vodka. Elle
pourra même se dérouler au « bania » (les bains russes),
toujours dans l’optique de créer une relation de confiance entre
les partenaires.
Quelques traditions
et superstitions russes :
- Il ne faut pas s’étonner si votre interlocuteur russe refuse
de vous serrer la main sur le pas de la porte, cela porte malchance.
- Avant un départ en voyages, la coutume est de s’asseoir silencieusement
quelques minutes.
- Si l’on oublie quelque chose et que l’on retourne chez soi pour
le chercher, la coutume est de se regarder dans un miroir avant de sortir (pour
vérifier que le diable ne se cache pas derrière soi).
- Toujours offrir un nombre impair de fleurs, les nombres pairs sont réservés
aux enterrements !