Publiée
par le Comité Colbert lors de la journee "Un jour, en Russie" |
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| Ancienne chronique |
L’éducation et les RH en Russie
Le système
éducatif russe est, depuis 10 ans, en pleine mutation. Les secteurs autrefois
prestigieux (ingénierie, sciences, forces armées, etc.) sont aujourd’hui
délaissés pour des domaines qui étaient auparavant moins
fascinants (comptabilité) ou franchement inexistants (Management, Marketing,
Publicité).
Les entreprises (surtout étrangères) ont des difficultés à recruter des cadres ayant une expérience conséquente et une spécialisation demandée. Cela étant dit, de plus en plus de jeunes diplômés sont aujourd’hui sur le marché du travail avec un bagage qui n’a rien à envier de leurs homologues occidentaux.
Quelques institutions, renommées, sont parvenues à se restructurer peu à peu afin d’intégrer des cursus modernes et en relation avec la demande des entreprises. Le Haut Collège d’Economie (www.hse.ru), l’Académie des Finances, MIRBIS (www.mirbis.ru), Moscow State University (MGU www.mgu.ru) ou encore l’Académie Russe d’Economie Plekhanov (www.rea.ru) restent des valeurs sûres.
Des programmes innovants ou en coopération avec des écoles étrangères existent aussi, principalement au niveau Master/MBA. Nous pouvons citer les Mastères franco-russes entre le HCE et l’ESCP, entre Science Pô et le MIGMO ou entre le mastère tri-national entre Plekhanov, l’ESC Lille et le FH Dresden.
Des écoles de commerces sur le modèle anglo-saxon forment aussi des étudiants aux métiers du commerce comme l’American Institute of Business and Economics (www.aibec.org) ou Touro (www.touro.ru).
Dans tous les cas de figures, il faut garder en tête que même si l’éducation russe a beaucoup évolué, elle reste encore fidèle au modèle soviétique qui se caractérise par des cours magistraux très théoriques et un grand nombre de sujets généraux. Les études de cas, stages et junior entreprises sont encore au stade expérimental en Russie.
Aussi,
un jeune diplômé russe devra être formé en interne
afin d’être complètement opérationnel. Mais une telle
éducation offre l’avantage d’apprendre à apprendre.
Ainsi, la faculté d’apprentissage après l’Université
est très grande en Russie, pour le bonheur des entreprises ayant un bon
programme de formation.
Cette formation interne sera d’ailleurs un des critères de sélection
pour le jeune diplômé (le marché de l’emploi est pour
eux très, très dynamique et ce sont les demandeurs d’emploi
qui souvent fixent les règles). Un salaire alléchant ne suffit
plus à recruter et garder un bon élément. Les programmes
de couverture sociale, de retraite et le système de bonus fait aujourd’hui
partie des discussions d’embauche à ne pas négliger en tant
qu‘employeur.
Ceci étant dit, le turnover est encore élevé dans les entreprises,
surtout à Moscou. Les jeunes diplômés (et moins jeunes)
cherchent avant tout à gagner de l’argent.
Le prestige de l’entreprise compte moins, le plan de carrière encore moins.
Les années
de crise étant dans toutes les mémoires, un cadre va vouloir grimper
dans la hiérarchie très rapidement. En Russie, on veut devenir
riche, tout de suite.
Les moyens de rétention sont peu nombreux, mais existent. Un environnement
agréable de travail, une possibilité de carrière rapide,
des bonus conséquents, des voyages et expatriation à la maison-mère
fréquents, ainsi qu’une bonne relation manager-subordonnés
sont sans doute un début de réponse.
La culture d’entreprise russe étant très « diffuse
» (voir autres sujets sur l’interculturel), il est très important
pour les managers (surtout étrangers) de prendre le temps de connaître
personnellement les membres de l’équipe.
Les trainings (interculturel, motivation, team-spirit, etc) et autres séminaires (techniques de ventes, product management, etc) sont aujourd’hui en vogue et très appréciés.
En ce qui concerne le recrutement, il faut reconnaître que la cooptation reste de rigueur. La participation à des salons de recrutement semble être un bon moyen de sélection pour des entreprises nouvelles sur le marché. Toutefois, de nombreux cabinets de recrutement ont pignon sur rue et offrent un vaste catalogue de services. Entre toutes, Staffwell propose sur son site internet et magazine RH en ligne The Well (www.staffwell.ru) de nombreux articles en relation avec ce domaine qui peuvent être intéressants à lire.
Enfin,
plusieurs magazines destinés aux occidentaux (et aux Russes bien sûr)
comprennent des sections emploi. Le Moscow Times (www.moscowtimes.ru)
et le Moscow News (www.mn.ru)
sont anglophones, le Courrier de Russie (www.lecourrierderussie.ru)
est francophone.
© J. Dumetz Moscou, Novembre 2005
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